Acte I : Mieux vaut être seule que mal accompagnée.

Je retire enfin ma robe, la mets dans le panier à linge sale et me glisse sous la douche. Je commence à chantonner un peu, en même temps que j’essaie de bien tempérer l’eau comme je l’aime : pas trop chaude, mais pas trop froide non plus. Quand j’y arrive enfin, je ferme les yeux et ressens l’eau caresser ma peau doucement. Je pense à Stefano et à la nuit chaude que nous avons passée ensemble avant-hier : à sa bouche dont je ne connais pas l’aspect, mais dont je connais si bien le goût et la dextérité, à son sexe qui était tout simplement exquis et qui épousait si bien le mien… J’ouvre les yeux et me rends compte que mes mains ont commencé à vagabonder sur mes monts et sur le bourg où la sècheresse n’existera jamais. Je mets du savon dans ma main et l’étale sur chaque parcelle de mon corps : en faisant des cercles avec mes doigts et en prenant tout mon temps. Puis, je me mets à nouveau sous l’eau et frotte pour enlever cette mousse blanchâtre qui couvre ma peau. Je me tourne et frémis l’espace de quelques secondes où l’eau tombant sur mes fesses est soudainement devenue très froide. Le temps que je m’y habitue, je me tourne et finis d’enlever le savon qui restait encore sur ma peau, en essayant de ne penser qu’au fait que l’eau très froide est bonne pour la circulation.

Je sors de là, me sèche bien et étale une crème à la noix de coco que j’adore et qui permet de maintenir hydratée ma peau : je commence par mes jambes et petit à petit je monte, je l’applique sur mes hanches, en dessous de ma poitrine et sur mes bras.

Je vais jusqu’à mon dressing et ouvre le tiroir où je range mes pyjamas. Je prends un long négligé rouge bordeaux en soie que j’adore et que j’ai reçu lors du dernier Noël de la part de Petra.

Je marche jusqu’à la cuisine où je me prépare un petit thé à la menthe que je prends avec moi dans la chambre et que je pose sur la table de nuit. J’allume la petite lumière sur la table de chevet et prends « Vingt-quatre heures de la vie d’une femme » de Stefan Zweig. Je trouve le marque-page à la page 33 et je reprends ma lecture, super intéressée de continuer à découvrir ces aventures qui me font voyager.

Alors que je suis à la page 61, je sens mes yeux qui commencent à fatiguer et mon envie de dormir qui grandit. Je pose alors le livre pour le continuer dès que j’aurai un peu de temps, et de préférence pas aussi tard.

Je bois le thé à la menthe, qui est maintenant froid, j’éteins la lumière et me blottis dans mon lit, la couverture entre mes jambes. Toutes les conditions sont réunies pour bien dormir. Malheureusement, Morphée ne me prend pas dans ses bras, car Stefano ne quitte pas mes pensées. Alors, je décide de me relever, de marcher au milieu de la pénombre jusqu’à mon bureau et d’allumer mon ordinateur. Je retourne sur le forum où j’ai connu « IgnatiusJReilly » et commence à lire les échanges qu’il a eu depuis que nous nous sommes vus et avons partagé ces moments remplis de fougue et de désir. Il semble toujours drôle, prévenant, gentil et le fait qu’il s’appelle Stefano ne change rien à ça, mais j’ai vraiment peur. Peur que si l’on se voit, le charme et la connexion si belle que nous avons eue dans le noir disparaisse, que la danse endiablée perde de sa magie et que nous ne soyons pas faits pour « la vraie vie ».

Je décide à cet instant que je ne le rappellerai pas, que je préfère le garder comme un très bon souvenir et que je n’ai pas envie de mettre en jeu mon cœur une fois encore.

Après ça, je dors paisiblement, comme si, prendre enfin une décision le concernant, m’avait déchargée d’un poids.

À mon réveil, je marche jusqu’à la cuisine, les yeux encore bien fermés. J’allume la machine à café et j’apprécie le fait de pouvoir savourer un très bon cappuccino maison grâce à cette nouvelle machine que ma sœur m’a offerte.

Je m’assois sur le canapé pour le boire et pense à la journée qui m’attend : ce matin, j’ai un rdv massage, puis à 18 heures je fêterai un « Secret Santa » avec mes copines chez la mère de l’une d’entre elles. J’ai tiré le nom de Tatiana et j’ai prévu de lui offrir un livre avec des mandalas en édition limitée, ainsi qu’une coque pour son téléphone avec un très beau dessin d’attrape-rêves. Je pense, et j’espère, que ça lui plaira. Je me demande qui aura la « difficile » tâche de m’offrir un cadeau cette année. L’année dernière, c’était Alexandra, et elle m’avait choisi un coffret avec des huiles de massage qui sentaient trop bon !

J’ai, cette fois-ci, scrupuleusement suivi le maître-mot et n’ai pas dépassé le budget fixé de 50 francs suisses (~46,5 euros), alors je pense que Stéphanie ne va pas me faire la tête, ou du moins je l’espère.  

Je me lève, vais prendre une douche rapide et m’habille : je mets une robe en jeans assez simple, des ballerines et je vais à l’institut de beauté me faire chouchouter.

En milieu d’après-midi, je vais boire un café avec une copine et quand je rentre, j’ai à peine le temps de me préparer : je mets, en bas, une longue jupe rouge avec une ouverture sexy sur le côté droit. En haut, j’enfile un top péplum noir avec un lacet et un décolleté très discret. Pour finir, je porte des escarpins et un sac noir que, dernièrement, j’utilise beaucoup et dans toutes situations.

J’arrive avec dix minutes de retard chez la mère d’Alexandra qui vient d’emménager dans cette grande maison il n’y a pas très longtemps.

Elles étaient déjà toutes au salon en train de papoter quand je suis arrivée : Alex, Petra, Stéphanie, Tatiana et Alice.

Je commence par saluer Alex qui était au bout du grand canapé. C’est une très jolie brune aux yeux marrons, délurée et très gentille. Elle me lance : « Salut ma Coco ».

Puis vient le tour de Stéphanie, la plus grande d’entre nous toutes, très mince, avec des cheveux noirs et des yeux marrons. Elle ne me laisse pas lui faire la bise, mais me prend dans ses bras et me regarde avec étonnement : « Tu vois, je t’avais dit que c’était le diable ! Mais grâce au Seigneur tu as bonne mine ! » Petra vient à mon secours et dit à Stéphanie que c’est à elle de me saluer maintenant. Je la remercie du regard et me tourne vers elle. Petra est une magnifique blonde aux jambes interminables et aux yeux bleus qui vous invitent au voyage. Elle me dit qu’elle est contente que je sois là.

Tatiana s’approche avec des verres de vin chaud et nous en donne un à chacune. Je prends le mien et en profite pour la saluer. Elle est rousse, avec depuis peu les cheveux courts. Des fois encore, sa nouvelle coupe me fait bizarre, même si, il faut l’avouer, elle est magnifique quoi qu’il en soit. Elle me lance : « Si tu as besoin de quelque chose, je suis là, tu sais ! » Je la remercie, me retourne, mais je ne vois plus Alice à la place qu’elle occupait à mon arrivée. Alex, qui se rend compte que je me demande où est Alice, me lance : « Elle est sûrement au tel avec tu sais qui. » Oh oui, je pense qu’elle a raison : Alice doit être au téléphone avec Manuel, son nouveau copain. Je sens une main me touchant le dos et je sursaute : c’est Alice justement. Elle rigole, me fait la bise et je me dis que j’ai beaucoup de chance que cette jolie brune aux belles formes soit l’une de mes meilleures amies. 

Là, Alex nous demande, puisque nous sommes au complet, ce qu’on aimerait comme musique. Alice, qui adore mettre des playlists Spotify pour toutes les occasions, saute sur l’opportunité car elle aimerait mettre une playlist spécialement préparée pour ce soir. Alex accepte.

Alors que nous rigolions et passions un bon moment détente, Tatiana marmonne quelque chose que je n’arrive pas à comprendre et Petra, qui vient de vider son verre comme si c’était de l’eau, me lance : « On doit te parler de quelque chose. » Je ne m’attendais pas à ça et je rétorque : « Ah bon ? Dites-moi tout, vous pouvez y aller ». Stéphanie commence : « Je t’avais bien dit que je le sentais pas du tout Stefan, il avait quelque chose de … » Heureusement, Petra la coupe et continue : « Nous ne sommes pas là pour juger tes anciens choix, bons ou mauvais, mais nous avons discuté. » Alice me prend alors les mains en ajoutant, presque en criant comme si les mots sortaient tous seuls : « Et nous pensons que tu devrais t’inscrire sur Tinder ! » 

Ma première réaction est de ne rien dire, j’essaie de réfléchir très rapidement aux mots qu’elles viennent de prononcer. Je sais qu’elles le font pour que je dépasse la rupture qui a été douloureuse. Je mesure mes paroles : « Merci les filles, je sais que ça part d’un bon sentiment, mais je ne pense pas que ça soit la bonne solution pour moi. »

Tatiana lance : « Je crois qu’elle a raison, sur ce genre d’application on ne peut jamais rencontrer quelqu’un de vraiment bien sur le long terme. »

Alice lui répond, tendue : « Tu sais que c’est comme ça que j’ai rencontré Manuel ? Je peux te dire que, des fois, ce genre d’application marche et qu’il y aussi des gens bien. » 

Tatiana allait lui répondre quand Alex met fin aux hostilités qui commençaient à se créer et nous demande de passer à l’échange de cadeaux. Juste avant de commencer, je leur avoue : « Je ne suis vraiment pas prête à ça, mais merci d’avoir essayé de trouver quelque chose, je vous aime. » Puis, je sors de mon sac le cadeau dans son joli emballage rouge que j’avais moi-même fait. Alex décide que nous allions commencer de gauche à droite. On acquiesce et la première personne à donner son cadeau est Alice. Elle le prend et le met devant moi. Je l’ouvre et trouve un écrin à bijoux avec dedans, une broche ancienne très jolie. Tatiana lui lance : « Ça doit dépasser le budget non ? » Alice me demande si elle me plait et après lui avoir exprimé ma joie, elle répond : « Elle m’a coûtée 35 francs dans une brocante ! » On continue, on rigole, on ouvre nos cadeaux et plus personne ne parle de Tinder, ni de Stefan ou de budget. On reprend du vin chaud, puis du champagne, Tatiana semble aimer mes cadeaux, et ça me fait plaisir de passer du temps avec mes copines. Au moment où Petra s’éloigne pour parler au téléphone, Alice me demande de l’accompagner aux toilettes. Je pensais qu’elle se sentait mal et qu’elle voulait que je lui tienne les cheveux, mais je ne voyais pas encore les yeux brillants qu’elle a toujours quand elle avait trop bu. 

Nous arrivons et elle me dit : « J’ai un cadeau spécial pour toi ». Quand elle me le donne, je veux de suite l’ouvrir, mais elle me demande : « J’aimerais que tu ne l’ouvres que quand tu seras chez toi. » Je la regarde en espérant qu’elle lira dans mon regard que je ne peux pas attendre. Elle le vit sûrement, mais ajouta seulement : « Promets-le moi ! » Je le fais et mets le paquet au fond de mon sac pour ne plus avoir la tentation de l’ouvrir.

Après un bon repas, nous revenons au salon et continuons à rire un bon moment. Quand Petra commence à dire au revoir, je regarde l’heure. Il est tard et je lui demande si elle peut me laisser vers chez moi, car c’est sur son chemin. Elle accepte en souriant. Nous partons après avoir, avec les filles, programmé un déjeuner dans un restaurant que nous aimons beaucoup pour dans quelques jours.

Petra me laisse en bas de chez moi. Je me sens pompette et fatiguée et arrive difficilement jusqu’à mon étage.

Une fois rentrée, je commence à enlever mes habits et comme je ne trouve pas mon pyjama, j’enfile juste un long t-shirt. À ce moment, je me rappelle du cadeau « secret » d’Alice, je retourne jusqu’à l’entrée et prends mon sac. Je sors le cadeau et l’ouvre. Comme je suis dans mon couloir, lumières éteintes, je ne sais pas trop ce que c’est. Je cours les quelques mètres qui me séparent de ma chambre et j’allume la grande lumière. Quand je le vois enfin, je reste sans voix. Alice et moi en avions parlé alors qu’elle venait de découvrir la marque « Idée Du Désir » grâce à une bloggeuse sur Twitter. C’est un sextoy en bois qui porte le nom d’une fleur : orchidée et selon les avis que nous avons lus, il est très efficace.

Je le prends entre mes mains, ayant presque peur de le casser, tellement il est beau. Je tourne la tête en direction de la table de nuit. Mon livre est posé dessus et je me dis que ce n’est pas ce soir que j’avancerai la lecture… J’enlève ma culotte et me couche dans mon lit, sur le dos. Je prends le sextoy, en essayant de le faire de la façon la plus assurée possible. Il y a, au bout, l’espace pour mettre deux de mes doigts et pouvoir avoir une meilleure prise. Avec, je commence par caresser mon clitoris et mes lèvres. Avec mon autre main, je prends mon téléphone et cherche un film porno sympa, ça fait longtemps que je n’en ai plus vu un. 

J’en trouve un avec deux filles très jolies, l’une d’elles, d’ailleurs, ressemble à Alice. Je regarde le film et mes mains continuent de bouger, de plus en plus vite. Je sens mes tétons gonfler, ma respiration s’accélérer, mon entrejambe devenir moite, alors je pousse le jouet plus loin, et je sens comment les sensations deviennent de plus en plus fortes. Sur mon téléphone, je vois les filles se caresser et se lancer des regards voulant tout dire. 

Soudainement, je reçois un message d’Alice : « Je sais ce que tu es en train de faire en ce moment… »

Mes jambes se crispent, je pose mon téléphone et me mords la lèvre inférieure en même temps que je sens la jouissance arriver et me submerger dans l’ivresse du plaisir.

Je souris en repensant au message d’Alice et reprends les caresses, mais cette fois-ci sans mon téléphone. J’ai envie de prendre tout mon temps…

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par Anders Noren.

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