PRÉAMBULE : Soigner le mal par le mâle.

Je suis dans l’obscurité, habillée d’une jolie robe noire en velours à dos découvert qui n’est ni longue ni courte. Elle épouse parfaitement mon corps, ainsi que mes formes et je me sens bien dedans. Je me suis dit, au moment de l’enfiler, qu’ainsi vêtue, les gens pourraient voir de suite que mon âme est en deuil, mais à croire la façon dont certains et certaines se sont retournés sur mon passage, elle est aussi très sexy. J’entends mon cœur battre la chamade, je sens mes seins durcir et mon sexe devenir de plus en plus humide. J’ai un nœud dans la gorge et je ne sais pas quoi faire pour qu’il disparaisse. Mon appréhension se mélange à mon excitation et plus le temps passe, plus je me pose des questions concernant ma présence dans cette chambre d’hôtel.

«IgnatiusJReilly» devrait bientôt me rejoindre, vu que c’est presque l’heure de notre rendez-vous. Je n’arrête pas de marcher partout et de me répéter que je peux encore partir si je le souhaite, mais le problème est justement là : je ne le veux pas, pas même un petit peu ! Je l’ai pourtant connu il n’y a que quelques heures sur un forum où les gens échangent sur plein de choses différentes, dont la sexualité. Sa façon d’amuser la galerie m’a interpellée et son pseudo m’a fait sourire, comment aurait-il pu en être autrement ? Personnage phare de l’œuvre principale de John Kennedy Toole, il est incontestablement une sorte de Don Quichotte des temps modernes. Alors, quand l’inconnu derrière ce pseudo, et avec qui la conversation était fluide et agréable, m’a proposé de nous voir pour passer un moment complice et coquin, j’ai immédiatement pensé à mon fantasme de faire l’amour avec un inconnu les yeux bandés. Je me suis laissée guider par mon instinct et me suis empressée d’accepter sa proposition. En temps normal, j’ai besoin de plus, mais on ne va pas se mentir : quand Stefan est parti à San Francisco du jour au lendemain, mes sentiments n’ont pas été épargnés. On peut dire que je suis ici pour soigner le mal que ressent mon cœur avec un beau mâle qui réalisera, en plus, l’un de mes plus grands fantasmes. On toque à la porte, je m’en approche le bandeau à la main, l’entrouvre à peine, ce qui est assez pour entendre sa voix, mais pas pour le voir. Il me dit qu’il n’a pas oublié son bandeau et me le montre sur sa main droite par l’espace que j’avais laissé entre la porte et le cadre. Elle était masculine, soignée, et avait un grand grain de beauté tout à gauche. Il me lance : « J’espère que ma main est assez belle pour toi ». Je rigole et lui réponds : « Tout dépend de l’autre, ma main préférée est souvent la gauche ! ». Nous rigolons ensemble et je souris, car je décèle dans sa voix la grande nervosité qu’il ressent lui aussi. Une voix rauque, sexy, qui me donne envie de continuer cette folie en sa compagnie.

Je lui demande de me laisser quelques instants et de faire comme convenu. Il acquiesce et me dit : « Oui M’dame » en me taquinant. Je marche vers le lit et m’assois sur le rebord. Je mets le bandeau sur mes yeux et lui dit d’entrer. J’entends la porte s’ouvrir doucement, puis se refermer et des pas venant dans ma direction. Je le sens se rapprocher, mais au lieu d’aller vers le lit à gauche, il va à droite et je l’entends se prendre l’armoire et dire « Ouch ! ». Alors, je lui demande : « Ça va ? » et il me répond : « Oui, ne t’inquiète pas ». Je l’entends rigoler nerveusement, alors je commence à lui parler pour le guider jusqu’à moi : « Si tu pouvais ne pas abîmer la marchandise avant utilisation, s’il te plaît ! ».

Je perçois comment, pendant que je prononce ces mots, tout mon être tremble de timidité, d’excitation, d’envie, mais de peur aussi. Je ressens la peau de ce que je devine être son bras toucher le mien. Sa peau est douce, elle me laisse songeuse. Son parfum est à la fois frais et oriental. Il me demande si moi ça va, alors que je distingue sa respiration s’accélérer et sa chaleur corporelle augmenter malgré le froid de la saison. Je lui dis que ça va plutôt bien. Il me demande s’il peut me toucher, et en guise de réponse, je prends sa main et la mets sur ma jambe. Il la caresse de haut en bas, plusieurs fois, quand tout à coup, je devine sa bouche à hauteur de ma joue. Je suis crispée, je ne connais pas grand-chose de lui et cela me travaille un peu plus que ce que je voudrais.

Je sens sa bouche s’approcher à la recherche de mon cou, je sens sa chaleur et je peux presque ressentir son envie. J’ai conscience que la peau ne ment jamais et vu toutes les bonnes choses que la mienne ressent à ce moment précis, je sais qu’il faut que je me laisse aller, que j’écoute mon corps, que je me perde dans la frénésie, que je me laisse simplement enivrer de son odeur.

Sa langue commence à s’amuser avec mon cou et mes oreilles, je ne peux plus tenir, alors ma bouche se dirige à la recherche de la sienne. Dès qu’elles se retrouvent, nous perdons tout contrôle et laissons la passion nous dévorer, en même temps que nos bouches font connaissance, comme si rien d’autre n’existait en dehors de cette chambre d’hôtel.

Il me renverse sur le lit et vient se coller à moi, je sens son sexe dur contre ma jambe, il me donne envie de le découvrir. J’essaie de bouger, car j’aimerais bien me diriger vers son pantalon, mais il me tient fort les bras et m’en empêche. Normalement, c’est à ce moment que j’aurais paniqué, mais pas aujourd’hui. Là, j’ai conscience que mon corps réagit extrêmement bien à ses caresses, si bien que mon sexe me fait mal tellement j’ai envie de « IgnatiusJReilly » !

Il enlève mes talons un à un, les jette par terre et me demande de me tourner, je ne lui demande aucune explication, j’obéis tout simplement. Je l’entends enlever son pantalon, puis je le sens parcourir mon corps avec ses mains et y prendre goût. Il s’attarde sur mon dos et après avoir levé un peu ma robe, il embrasse mes fesses pour après les masser et les caresser avec luxure. À chacun de ses mouvements, je frémis. Il me lance : « Tu ne sais pas l’effet que tu me fais » et met ma main droite sur sa bosse. Je me mordille les lèvres en même temps que je retire ma main machinalement. Il défait les deux boutons de ma robe et me la retire doucement, malgré le fait que je ressente son urgence. Je lui enlève sa chemise en m’y reprenant à plusieurs fois et découvre son torse avec mes mains qui le parcourent. J’adore sentir sa pilosité et à quel point ses tétons sont sensibles. Je le sais car il sursaute presque quand mes mains passent sur eux.

Il m’embrasse de nouveau, comme pour me signifier que la récréation est finie. Il me bascule sur le lit et se met sur moi, je ressens toute sa puissance. Il joue avec mes seins et les embrasse, défait mon soutien-gorge, les laissant enfin libres. Je pousse un premier gémissement de plaisir et cherche avec mes mains son sexe, je veux trop le sentir. Je le caresse, le sors de son boxer, le prends en main puis dans ma bouche. Je l’entends gémir de plus en plus fort, alors je m’arrête. 

Je sens son sexe dur et trempé à l’entrée de mon sexe gonflé et mouillé et alors que je pense qu’il va me pénétrer fort, ce que je souhaite depuis quelques minutes, il s’éloigne de moi. Je n’ai aucune idée de ce qu’il est en train de faire. Je commence à doucement paniquer quand je le sens découvrir mon sexe, le caresser, le toucher puis remplacer ses doigts par sa bouche.

Je sens ses lèvres s’ouvrir et sa langue commencer à me laper comme si c’était un chien qui n’avait rien bu depuis longtemps et qui crevait de soif. La dextérité avec laquelle il s’occupe de moi et tout ce que ça réveille en moi m’indiquent qu’il sait très bien ce qu’il fait. Je bouge mon bassin au rythme de ses coups de langue et je ne peux tout simplement plus m’arrêter ! Je gémis, je l’entends gémir lui aussi et alors que je reprends mes esprits, je le sens en moi. Son sexe est chaud et il me remplit pleinement, il bouge, il caresse mes seins alors que je le sens me prendre de plus en plus fort.

Il continue avec son sexe et alors que je vais jouir, il me claque les fesses au rythme de notre danse, à tel point que j’en viens à me demander s’il ne serait pas musicien.

Je jouis, il ne me laisse aucun répit. Après m’avoir embrassée, il me retourne et continue à me prendre, cette fois-ci en caressant le bas de mon dos et en tirant mes cheveux. Par moments même, je le sens caresser mon anus, ce qui m’excite encore plus, moi qui ne pensais pas que ça soit possible.

Il me fait jouir encore une fois et je me dis que je veux moi aussi lui offrir la jouissance, maintenant. Je m’y attelle en mettant son sexe entre mes seins, en le caressant doucement, en jouant avec ses testicules du bout de mes doigts et peu de temps après, je l’entends jouir sur ma poitrine. Après ça, on s’est couché l’un à côté de l’autre et sommes restés silencieux comme si on reprenait des forces, pendant qu’il caressait mes cheveux. On rigole sur le fait de deviner si j’ai de son sperme sur mes cheveux ou pas. Moi je parie que oui, mais lui pense les avoir épargnés !

Nous reprenons en changeant les positions, les caresses et même le tempo de chacune des danses.

Nos corps s’entendent à merveille et j’adore sa façon de me posséder. Son corps et le mien sont luxure quand ils se retrouvent et il me laisse à chaque fois sans souffle.

Après quelques orgasmes mutuellement donnés, nous sommes couchés sur le lit, l’un à côté de l’autre. Il me tient la main affectueusement comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il me demande si je vais souvent sur ce forum et je lui réponds que non. Je lui demande à mon tour si pour lui c’est monnaie courante de rencontrer des filles d’internet pour faire ce que nous venions de faire. Il me dit que c’est sa première fois également, que normalement ça se résumait à quelques messages coquins échangés, puis basta. Il continue à caresser mon corps avec beaucoup de tendresse. Je lui demande la couleur de ses yeux, il me dit qu’ils sont marron et il me demande : « Et toi ? ». Je lui réponds : « Moi, ils sont noisette ».

Il me demande si je vais bien, je lui réponds que bizarrement oui. Il me demande à nouveau : « Pourquoi bizarrement ? ». Je lui fais savoir : « Il y a une semaine, un homme avec qui je croyais vivre une histoire d’amour, a décidé de partir s’installer à San Francisco, et il m’a annoncé sa décision à la dernière minute ». Je l’entends dire timidement : « Ouch, je suis désolé, continue s’il te plaît ». Je poursuis : « …Et ça a été la pire semaine de ma vie. Je me suis sentie brisée et cabossée. Je me demandais tous les jours comment j’allais me réveiller car j’avais vraiment cru à notre histoire. Et, crois-le ou pas, ce matin même, j’ai dit à ma meilleure amie que je n’avais plus envie d’amour, de sexe ou d’orgasme ». Je l’entends rire et il me demande si je suis sérieuse. Je réponds : « Oui ! ». Il me dit, de but en blanc, que lui avait été quitté par sa femme, partie avec son ostéopathe il y a trois ans, et que même si sur le moment ça lui avait semblé être la pire chose au monde, aujourd’hui, il remercie le ciel que les choses se soient passées ainsi.

Il me demande si je peux le prendre dans mes bras, je me tourne et le serre fort. Même si je ne peux pas le voir, je sens qu’il sourit. Quand je desserre mes bras, je sens ses lèvres à quelques centimètres de mon visage, sa respiration sur ma peau et je me sens apaisée.

Je sens ses lèvres jouer avec les miennes à nouveau, avec une soif telle qu’on aurait pu croire que s’il arrêtait de m’embrasser, il allait mourir.

Il glisse sa main jusqu’à mon entrejambe et je le sens avoir beaucoup de plaisir rien qu’en découvrant que je continuais à mouiller à profusion, pour lui et rien que pour lui.

Il me prend en missionnaire et en l’espace de quelques secondes, je comprends que mes peurs doivent toutes s’envoler, il faut que je m’abandonne entièrement à lui maintenant et que j’arrête de réfléchir.

Je suis ses coups de rein, je crie, je le sens me prendre telle une bête affamée. Je ne fais plus qu’un avec cet inconnu et j’en veux encore !

Il éjacule en moi, j’éjacule aussi et nos gémissements se rejoignent. Avant qu’il se retire de moi, il me demande s’il peut me poser une question super importante. Je lui réponds que oui et il me lance : « Que veut dire FallenAngel ? ». Je lui réponds que ça veut dire « ange déchu » et que ça m’a paru de circonstance sur le moment. Il continue : « Aimerais-tu connaître mon prénom ? ». Je lui dis : « Là non… ». Il m’embrasse sur la bouche une dernière fois et je l’entends tomber par terre. Il me dit : « Je me suis pris une de tes chaussures que j’ai moi-même jetée ! » en rigolant. Je rigole avec lui et lui dis que je vais aller dans la salle de bain prendre une bonne douche. De cette manière, il pourra se nettoyer et se changer tranquillement. Je lui demande de claquer la porte en partant. On rigole des situations loufoques de cette nuit passée ensemble et il me dit que définitivement le fait de ne pas utiliser un sens réveille les autres, je lui dis que ça, c’est bien vrai. Il ajoute que c’était un réel plaisir. Je lui réponds que le plaisir était partagé, vraiment. 

Je ferme derrière moi la porte de la salle de bain. Je me regarde dans le miroir, mon maquillage est tout coulant, mais je me surprends à voir un méga sourire sur mon visage. Et j’avais raison : j’ai plein de son sperme sur mes cheveux. Je me dis que peut-être, après cette nuit coquine et différente où nous avons laissé notre désir déborder tout en gardant le mystère sur notre apparence, un bon jus d’orange, pour ne pas changer mes bonnes habitudes, pourrait être une super manière de commencer cette nouvelle journée. Quelques minutes plus tard et après avoir pris ma douche, j’entends la porte d’entrée claquer et je sors. Un papier près de l’entrée m’interpelle, je me dis que « IgnatiusJReilly » a dû le perdre en partant. Je le ramasse et dès que je finis de le lire, je me dis que la vie est joueuse. Sur ce bout de papier, « l’inconnu » m’a noté son numéro de téléphone suivi de son VRAI prénom : Stefano. Je ne sais pas encore si je vais l’appeler ou pas, car j’ai peur qu’après avoir été au paradis, ça puisse se finir à nouveau en enfer.

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par Anders Noren.

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