Acte XVII : Quand les flammes s’éteignent.

J’ouvre les yeux au son de la chanson « Du hast » de Rammstein qui est mon doux réveil sans failles depuis quelques jours. Elle me fait sourire, car le fait que je ne comprenne pas les paroles, me rappelle notre petite escapade d’il y a deux semaines à Zurich.

Je me lève heureuse, car je sais que dans une heure, je vais te revoir et te prendre à nouveau dans mes bras. Qu’est-ce que je pourrais demander de plus ?

Le temps commençait à devenir long, alors quand tu m’as proposé de passer la journée d’aujourd’hui ensemble, j’ai annulé le seul rendez-vous que j’avais et accepté, car tu me manques et que j’ai très envie de toi…

Alors que je serre Archibald, l’ours en peluche que tu m’as offert, fort dans mes bras, je me perds dans mes pensées. Depuis notre retour, je te sens un peu « ailleurs » et je ne sais pas si c’est à cause du stress qu’implique la promotion que tu as demandée au travail ou parce que quelque chose entre nous a changé.

Je décide de ne plus penser à ça et d’aller prendre une petite douche revigorante qui va finir de me réveiller.

Je marche, et en chemin, j’enlève la nuisette noire avec laquelle j’adore dormir tellement elle est douce. Toi tu l’adores, mais pour des raisons totalement différentes aux miennes. Tu aimes la partie ouverte dans le dos, les lacets qui épousent mes formes et que tu peux défaire en moins de deux secondes pour parcourir ma peau douce avec tes mains chaudes.

Je rentre sous la douche et dès que l’eau a mouillé mon corps, j’entends mon téléphone vibrer sans arrêt. Je me demande si c’est toi, Alice ou ma mère qui essaie de me joindre.

Je me savonne et commence à utiliser le gant exfoliant que tu m’as offert, quand on sonne à la porte. Je me demande si c’est toi, mais il me semble qu’il est encore trop tôt. Je prends rapidement une serviette et m’enveloppe dedans. Je vais d’un pas agile ouvrir la porte et te vois. Je te salue avec un : « Bonjour Monsieur E. » Tu tiens ma main, mais ne souris pas. Tu ne dis mot et te jettes sur moi pour m’embrasser comme si tu attendais ce moment depuis tellement longtemps que ça en était devenu douloureux et pressant. Tu prends mon visage entre tes mains, tu le serres fort et commences à embrasser mes épaules. Je te sens fougueux et ça m’excite rapidement. Je laisse tomber la serviette, mais je te préviens que j’étais au milieu d’une douche quand tu es arrivé, qu’il ne faut pas lécher partout.

Tu ne me réponds pas, mais commences à te déshabiller en même temps que tu mets ta main sur mes hanches et me contemples avec amour, désir et un brin de tristesse que je ne comprends pas. 

Je te demande si ça va en poussant délicatement une mèche de tes cheveux en arrière. Tu acquiesces de la tête et m’embrasses à nouveau puis, en me prenant par la taille, tu me guides à la salle de bain où nous entrons à reculons. Tu nettoies mon corps, d’abord avec des caresses sous l’eau tiède, puis tu prends le gant et le passes délicatement partout en frottant. 

Je sens ton envie de moi, elle transperce tes pores, j’adore voir ton sexe devenir de plus en plus dur et sentir comment ton effet sur moi est instantané.

Tu m’accules et te colles à moi en même temps que je sens un de tes doigts pénétrer mon sexe, puis un autre vient se joindre à lui. Je me laisse faire et sous peu, mes gémissements retentissent et envahissent la pièce. Comme pour calmer mon ivresse, tu mets un doigt dans ma bouche et me le fais lécher, alors que par moments ta langue joue avec la mienne et me fait m’enflammer.

Tu as le contrôle de mon corps et de ce doux moment partagé, mais moi j’ai très envie de te sucer, et sans te demander ton avis, je me baisse et m’accroupis. Tu esquisses un sourire et caresses mes cheveux alors que tu prononces sensuellement : « Ma gourmande ». Je vois ton sexe avoir des spasmes et être bien mouillé alors que j’approche mon visage de lui. Je me passe la langue autour des lèvres et ouvre ma bouche en te regardant et en souriant avec malice. Je touche avec la pointe de ma langue ton sexe et t’entends tout de suite dire :  » Hummmm, qu’est-ce que ça m’avait manqué ». Je suis ravie d’entendre ces mots, je viens titiller ton gland de façon plus appuyée, jusqu’au moment où il entre complètement et que tu commences à faire des va-et-vient. L’eau tombe sur ma peau nue, sur mes seins, mes lèvres, mes yeux, mes cheveux, mais je continue.

De temps en temps, j’adore m’arrêter et voir les réponses de tout ton corps au plaisir que je t’offre, issu du désir et de l’amour que tu m’inspires. Je vois que tu commences à caresser mes seins et qu’ils ne te laissent de loin pas indifférent, alors je les ajoute à l’équation : je mets ton sexe au milieu d’eux et je te masturbe avec, de haut en bas, puis de bas en haut, doucement, mais par moments j’accélère jusqu’à que j’entende que tu sois près de l’explosion et je m’arrête pour l’éviter.

Alors que je m’amuse avec ton corps, tu me fais me relever et me plaques, seins en avant, contre le mur, puis me prends sans ménagement. Alors que je crie de plaisir, tu me dis à l’oreille que tu m’aimes et que tu ne pourras jamais m’oublier. Je veux te répondre, mais je n’arrive pas à faire une phrase correcte. J’adore quand, en plus de sentir ta passion, ton amour, ton envie et ta faim de moi, je sens qu’avec tes mains, tu colles les miennes contre le mur. J’adore ton envie de me rendre folle, de faire une fois encore que je t’appartienne.

Tu t’arrêtes et joues avec ton sexe à l’entrée du mien, comme si, après avoir fait en sorte que la température dans cette salle de bain soit de +40°, tu voulais jouer et me faire languir.

Tu me demandes : « Tu as pris un petit déjeuner ? » Je te réponds : « Oui, si ta queue compte… » et nous rigolons un brin.

Tu souris et je lis dans ton regard que mon rire te donne envie de me faire crier davantage encore.

Tu positionnes ton sexe sur ma fente et me prends encore, avec animalité, avec passion, comme si tu n’avais pas un autre choix, que tu en avais besoin.

On gémit ensemble. Je te sens jouir en moi, alors que tout explose autour de nous. Tu me retournes pour qu’on soit face à face et me serres fort contre toi. Je te serre fort à mon tour, car j’en ai trop envie et que je sens que c’est tout ce dont tu as besoin là. Je caresse ton dos et te propose de vite nous laver, mais cette fois-ci vraiment dans le but de nous nettoyer. Tu acquiesces et je te dis que tu es sacrément silencieux aujourd’hui. Tu dis : « Oui Mademoiselle K. » Je décolle mon corps du tien et prends ton visage entre mes mains, je vois des larmes couler le long de tes joues et tu me dis que c’était très puissant. Je sèche tes larmes et on prend une petite douche tranquillement. Tu me savonnes avec douceur, j’en fais de même, on se rince et on s’embrasse. Tu sors en premier pour m’aider à sortir à mon tour. Nous nous séchons, et alors que je mets une petite robe d’été rose, tu as déjà fini de te rhabiller et me demandes si un petit brunch ensemble me ferait plaisir. Je te réponds qu’ouiiiii et je vais chercher Archibald pour te montrer ce que je lui ai fait. Alors que je m’éloigne, je t’entends sortir la machine pour me faire un bon jus d’orange. Je reviens et te montre mon œuvre. Tu rigoles et me demandes si je suis sérieuse, mais tu connais la réponse avant même que j’ouvre la bouche. Tu me dis de venir dans tes bras. Je le fais avec plaisir et alors que tu me serres contre toi et nous fais tourner sur nous-mêmes une fois ou deux, tu rigoles du fait que j’ai dessiné sur le t-shirt d’Archibald un énorme cœur avec ton prénom. Tu me demandes si, quand tu n’es pas là, je le prends et que je te sens plus proche de moi. J’admets timidement et ajoute que je dors même des fois avec. Tu tournes un peu la tête et je te demande ce qu’il se passe. Tu soupires et me dis qu’on va s’asseoir pour parler tranquillement en buvant un petit jus d’orange. On va sur le canapé, on s’installe et je sens déjà que ce que tu vas me dire va me rendre triste. Je le sais à ta manière de me regarder : toujours avec amour, mais avec une certaine distance que je ne te connaissais pas. Je te dis calmement : « Tu peux tout me dire. » Tu me regardes et me lances : »On ne m’a pas accordé la promotion que j’avais demandée. » Je caresse ton visage et tes mains qui sont comme figées devant toi et te réponds : « Je suis vraiment désolée, je sais à quel point tu la souhaitais et comment tu as travaillé dur pour l’avoir. Ne sois pas si triste, je suis certaine qu’il y aura une autre opportunité et que tu arriveras à accomplir tous tes rêves. »

Tu réponds : « Justement, on m’a proposé un meilleur poste que celui que j’ai demandé.  » Tes yeux sont larmoyants et regardant par terre, tu ajoutes : « Mais il est à San Francisco… et je pars dans deux semaines. » 

Je reste décontenancée, je n’arrive pas à comprendre tes mots, je ne les saisis pas, je n’arrive pas à les croire, à les supporter.

Je me lève et te regarde avec incompréhension, alors que mes yeux sont remplis de larmes et te dis : « Mais et nous ? Notre amour ? Tout ce que nous avons construit ? Nos rêves ? » 

Tu me réponds dans ta barbe, bien trop bas pour que je puisse comprendre, alors je te demande de répéter et cette fois-ci tu me cries presque :  » J’ai dû faire un choix… ce n’était pas facile. » Je comprends tout d’un coup maintenant pourquoi tu es comme ça depuis quelques jours, pourquoi tu ne m’appelles plus schätzli, pourquoi tu parles peu depuis que tu es arrivé et aussi pourquoi tu as dit que tu n’allais jamais m’oublier. 

Je fais les cent pas et tu te lèves à ton tour, tu essaies de prendre mes mains dans les tiennes, mais je ne te laisse pas faire. Je te demande : « Depuis quand tu savais ? » Tu me réponds, tout penaud, que tu le sais depuis le lendemain de notre retour du voyage pour mon anniversaire. J’explose : « Ça fait deux semaines !!!!! Tu aurais pu m’annoncer ça autrement, on aurait pu discuter, j’étais aussi là pour t’épauler, pas que pour faire l’amour ou pour voyager !!! » Tu t’excuses : « Mais je ne savais pas comment faire, je te jure que je t’ai écrit plusieurs fois des messages que je ne t’ai pas envoyé, c’était trop difficile. Ce n’est pas nous, ni toi ni moi le problème. Nous, notre amour, notre connexion, notre complicité tout ça est vrai, c’est un problème de timing. Peut-être que plus jamais je n’aurai une possibilité pareille. » J’éclate en sanglots et m’écroule sur le même tapis où, il y a des mois, nous avions fait l’amour. Tu t’assois à mes côtés, essaies de me prendre dans tes bras, mais je t’en empêche. Tu me proposes alors de continuer cette conversation après nous avoir préparé un morceau, tu es sûr que j’ai aussi faim que toi. Je ne comprends pas du tout ta réaction et ne réagis pas. Tu te lèves et te diriges vers la cuisine quand je sais ce qu’il me reste à faire. Je te demande de partir. Tu me dis : « Mais non, schätzli… » Je t’arrête : « Ne m’appelle pas comme ça !!!! Nous n’allons pas attendre, je veux que tu partes MAINTENANT. » Tu me regardes tristement, les larmes continuent de tomber sur tes joues, mais tu me dis : « D’accord, si c’est vraiment ce que tu veux. »

Je me lève pour te voir partir, sèche mes larmes et m’enveloppe de la meilleure « carapace » possible. J’ai besoin de ce moment, de ce déchirement, de te voir partir, pour espérer aller mieux après. Tu prends les affaires que tu avais dans tes poches et me demandes si je suis sûre. Je le suis, alors tu te tournes et te diriges vers la porte. Tu me regardes et me dis : « Au revoir Mademoiselle K., à bientôt » Je te réponds : « Adieu Stefan Elmer, ADIEU. »

Tu pars sans te retourner, la porte claque derrière toi et je sens soudainement mon cœur se briser…

Fin.

Lady Annia

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par Anders Noren.

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