Acte XVI : Quand tous les plaisirs sont permis… (Partie 3)

Une dame avec de jolies lunettes noires nous accueille de façon plutôt froide et nous souhaite, du moins me semble-t-il, la bienvenue. Je ne prends même pas la peine d’essayer de deviner le sens des mots qui sont dits devant nous, tellement je trouve cette langue brusque. Alors que je sens ta main serrer la mienne, je me demande pourquoi je n’ai jamais pris le temps d’apprendre la langue de Goethe, en plus bien entendu, du côté pas particulièrement sensuel de la langue. Si je l’avais fait, j’aurais compris depuis belle lurette ce que tu t’apprêtes à barrer sur ma liste… Je sens mon cœur battre la chamade et mes mains moites, je sais que c’est de la bonne excitation, mais ça ne change pas grand chose à mon état. Je suis consciente que je ne peux même pas essayer de deviner, juste comme ça, tellement il y a de trucs sur ma liste ! Je te regarde : tu es là droit devant moi, bien dans tes baskets et tu as l’air tellement confiant, comme si tu savais que le monde et moi, nous t’appartenions entièrement.

Un jeune homme prénommé Stefan vient nous chercher, il semble bien plus sympathique que sa collègue. Nous le suivons et il nous montre, du côté gauche du couloir, des casiers sécurisés où on doit laisser nos affaires. Tu enlèves ta Patek, je te donne la petite veste que je n’ai pas mise car le temps s’est réchauffé, je garde seulement la pochette rouge qui me sert de sac à main, mais tu m’expliques calmement que je n’en aurai pas besoin. Je te la donne et tu la mets dans le casier avec le reste de nos affaires. Dès qu’il est bien fermé, tu te retournes vers moi, m’embrasses et me demandes si je suis prête. Sentir ta langue jouer avec la mienne de façon si chaude me donne envie de te dire de tout laisser tomber et de rentrer faire l’amour, car je suis mouillée, très mouillée, sans oublier la surprise que j’ai pour toi. Ton regard interrogatif me ramène sur terre, et tu me lances : « Alors schatzli ? » J’essaie tant bien que mal de me rappeler de ta question. Je ne suis pas prête, loin de là, d’ailleurs je commence à sentir mes mains geler, signe de nervosité extrême, mais je ne veux pas te faire de soucis en te partageant le tsunami interne qui explose en ce moment même à l’intérieur de moi. Je te réponds de ne pas t’en faire, que ça va. Tu m’embrasses, sur le front cette fois-ci et Stefan dit quelque chose. Tu te tournes vers moi et m’expliques qu’il vient de te dire que pour entrer, il va falloir le faire en file indienne pour plus de sécurité. Stefan qui, je viens de le remarquer sent très fortement la citronnelle, passera en premier. Tu me demandes de mettre ma main droite sur ton épaule et que toi tu feras pareil sur l’épaule du jeune homme. Tu me dis aussi que tu mettras ta main gauche dans ton dos pour que je puisse la tenir si jamais j’en ai envie ou besoin. Je fais ce que tu me demandes sans poser de question, mais je m’en pose tellement ! Je sens que l’adrénaline est à son apogée. Nous marchons tous les trois vers le rideau noir et je me demande une dernière fois ce qu’il y a de l’autre côté. Nous faisons quelques pas encore puis plus rien, plus aucune lumière. Je n’ai que ta main gauche et ton corps que je devine à chaque pas que je fais pour m’apaiser. J’entends des voix tout autour de nous, mais je ne vois personne, il n’y a que le noir le plus complet dans cette pièce. Nous la traversons et ces instants me paraissent interminables. Je porte des talons hauts et plus d’une fois je manque de tomber, mais heureusement pour moi, tenir ta main m’a permis de ne pas finir étalée par terre. 

Tu me dis de m’asseoir, tu n’es plus devant moi, mais à ma droite. J’utilise mes mains pour toucher tout autour de moi et je sens enfin une petite table ronde qui me permet également de trouver la chaise où je m’assieds enfin. Tu as toi aussi trouvé la chaise qui se trouve sur ma gauche. Je sens tes mains chercher les miennes sur la table, et dès que tu les tiens, tu me lances : « Ça valait la peine ? » Je te réponds, super heureuse : « Nous allons manger dans le noir chéri !! » et à peine ma phrase finie, tu surenchéris : « En réalité chère Mademoiselle K., nous n’allons pas juste manger dans le noir, nous allons manger un menu aphrodisiaque, spécialement conçu pour nous deux par le chef étoilé Franck Palux, et comme tu l’as peut-être deviné, nous avons la seule table à deux du restaurant, celle qui est loin de tout. » Je reste sans mots. Stefan arrive et dit quelques mots, tu éloignes momentanément tes mains des miennes, m’expliques qu’il va poser nos cocktails juste devant nous et de faire attention à mes mains. Je les mets au bord de la table et je sens quelque chose se passer juste devant nous. J’étire doucement mes mains et je sens la coupe qui est longue, froide et qui contraste avec tes mains chaudes qui sont à la recherche des miennes. On trinque après plusieurs loupés et avoir presque tout renversé, on rigole. Le cocktail est très bon, même si nous n’arrivons pas à savoir exactement ce que c’est. Pour ne pas prendre le risque de faire tomber ma coupe, car j’en suis bien capable, je la bois cul sec. 

Je sens ta main caresser doucement mon décolleté. Cette ambiance unique, le noir où nous pouvons tout nous permettre, l’alcool qui commence à faire effet, les brouhahas provenant de la salle, tout cela me donne des envies. Je prends alors ta main et l’amène jusqu’à mes lèvres et je commence à sucer sensuellement un à un tes doigts. Je sens à ta façon de respirer que tu es excité et je ne peux pas m’empêcher d’imaginer la bosse qu’il doit y avoir dans ton pantalon. Tu me glisses qu’il y a des caméras partout et qu’on devra rester aussi sages que possible. Je te rappelle que c’est toi qui a commencé en caressant mon décolleté, et tu me réponds que tu n’as pas pu t’en empêcher.

Je sens que Stefan n’est pas loin, le parfum de citronnelle le précède, puis je l’entends te parler un moment et tu me fais savoir que les plats vont bientôt arriver. J’approche du mieux que je peux mon corps du tien et te dis que je porte le cadeau que tu m’as offert. Tu me rétorques : « Je sais et la robe te va à ravir. » J’ajoute : « Pas ce cadeau-là, celui que tu m’as offert dans la suite spa, le bijou… » Je sens ton envie de moi me parcourir entièrement, bien que tes mains restent très sages. Tu allais ajouter quelque chose, mais Stefan arrive avec le premier plat et je te sens te ressaisir. Tu m’expliques que c’est la première entrée, et quand je te demande ce qu’il y a sur l’assiette, tu me réponds que ça fait partie du jeu de ne pas le savoir. Je lâche tes mains car sinon, ça va être impossible à gérer. Je tâtonne pour trouver les couverts, prends la fourchette avec ma main droite et avec la gauche, je touche délicatement pour savoir ce qu’il y a à manger. La partie principale du dîner s’est très bien passée : beaucoup de rigolades, des caresses, ce que je pense être une huître finir directement par terre, la coupe de vin qui t’a échappée des mains… Tout ça sans compter le fait que ma robe doit être tachée. Il ne manque plus que le dessert et je pourrai te montrer ce bijou que j’ai mis spécialement pour toi. 

J’ai réussi à identifier certains aliments, mais pas du tout les plats, excellents, que nous avons dégustés. Stefan vient pour la douzième fois au moins, je ne sais plus trop, j’ai déjà perdu le compte. Il nous amène les desserts et comme nous savons comment ça se passe, nous attendons sagement. Nous touchons nos assiettes avec les mains et nous goûtons en prenant les cuillères avec un peu de difficulté. C’est une sorte de panna cotta avec différentes couches, toutes meilleures les unes que les autres. Tout est très bon, c’est vrai, mais ma plus grande envie, c’est toi. Alors j’en mets un peu sur un doigt et te le fais déguster. Tu le lèches très doucement et me dis que toi aussi, tu aimerais me faire goûter une partie du dessert. Je sens tes doigts toucher mon menton et te dis de ne pas m’en mettre partout ! Tu ajoutes que tu adores quand j’en ai partout… Après avoir entendu cette phrase équivoque, je lèche très sensuellement tes doigts, et même si je ne peux pas te regarder, je m’approche de toi et te dis : « Et si on abrégeait le dessert ? Le repas a été conséquent et à vrai dire, ma faim de toi est bien plus grande » Tu rigoles un peu timidement et me demandes confirmation. Je te confirme mon envie de partir, et de continuer la soirée ailleurs !

Tu m’as expliqué au cours de la soirée que sur chaque table, il y a un bouton sur lequel nous pouvons appuyer pour appeler notre serveur attitré. J’appuie sur le nôtre, Stefan arrive presque instantanément et je t’entends lui expliquer la situation, sans vraiment comprendre. Tu as eu gain de cause apparemment, car tu me donnes la main et me dit de me lever, que nous allons sortir en file indienne comme nous l’avons fait pour arriver jusqu’ici. Tu me demandes si je préfère me mettre entre Stefan et toi, et je te réponds que pas vraiment. Nous faisons sans soucis le trajet inverse, bien motivés par nos envies. Pendant que nous marchons, je te caresse les fesses de façon tout sauf décente et je te sens sursauter une fois ou deux. Dès que nous arrivons en dehors de la salle obscure, nous sommes frappés par la lumière qui fait très mal aux yeux. Nous allons jusqu’au casier fermé, je te fais savoir que je vais faire un saut rapide aux toilettes avant de partir. Tu rigoles quand tu vois l’état de ma robe, mais beaucoup moins quand tu remarques que ta chemise n’est pas indemne. Tu me donnes mes affaires, et en m’éloignant, je te vois remettre ta montre et prendre ton téléphone. J’ai pleins d’appels manqués, mais j’ai d’autres chats à fouetter avant de m’occuper de ça. 

Je sors des toilettes, tu m’attends pas loin et m’indiques que nous pouvons partir. Pendant que nous marchons vers la voiture, tu me demandes, presque innocemment, si j’ai encore envie de toi. Je ne te réponds pas… et juste avant de monter dans la voiture, je te demande de compter jusqu’à 20. Dès que c’est fait j’ouvre la portière de mon côté, j’entre, tu fais pareil et nous nous asseyons. Tu allumes la radio et me lances : « Qu’est-ce que tu as fait ? Je te connais et je connais ce regard » Je te fixe de mon air le plus innocent avec mes yeux brillants dû à l’alcool et je t’assure que je n’ai rien fait. Tu me crois difficilement et nous venons de nous mettre en route quand j’ajoute : « À moins que tu parles…de la photo que je t’ai envoyée juste avant de monter en voiture ? Je savais que tu avais trop envie de voir ce bijou » Tu me dévisages et me demandes si je suis sérieuse. Je te le confirme et tu t’arrêtes 200 mètres plus loin, dès que tu vois un parking. Tu sors ton téléphone de ta poche et tu y jettes un coup d’œil. Je te vois regarder la photo et je te vois aussi te passer la langue autour des lèvres. Ça m’excite, tu me rends folle. Il semble que ça soit dans les deux sens, car tu as déjà commencé à remonter ma robe et à glisser ta main vers mon sexe. J’ai tellement envie de sentir ta langue, d’avoir du plaisir, de m’abandonner à toi et de me sentir mouiller à profusion dans ta bouche. 

Je passe sur le siège arrière et j’écarte les jambes, toi tu t’approches et viens me lécher. Je sens d’abord ta langue se promener autour du bijou puis tes doigts jouer avec, appuyant dessus. Je gémis et je jouis très rapidement dans ta bouche, tu continues de frotter mon clito car tu en veux jusqu’à la dernière goutte de mon plaisir. Je veux bien te la donner, mon désir et mon plaisir t’appartiennent. Je suis ta salope, et aujourd’hui, jour de mon anniversaire, ne fait pas exception. Tu lèches autour du plug et je sens ton pantalon presque exploser tellement tu es dur pour moi.

J’essaie de baisser ton pantalon pour te caresser et m’occuper de toi à mon tour, mais tu m’expliques que tu veux juste que nous arrivions à l’hôtel avant de continuer notre folle soirée. Quand nous y arrivons, tu me réveilles car je m’étais assoupie dans la voiture. Nous marchons doucement et j’ai mal aux yeux tellement je me sens épuisée de cette incroyable journée. Il ne faut pas oublier que je suis plus vieille d’une année ! Dès que nous arrivons dans la chambre, nous nous embrassons et je commence à parcourir ton corps de caresses et de baisers, mais tu me connais trop bien et me dis : « Tu es lessivée n’est-ce pas ma schätzli ? Ça se voit.  » Je te dis que oui, mais que mon envie pour toi est toujours présente. Tu me demandes de me reposer, tu aimes faire l’amour avec moi, mais quand je suis vraiment réveillée, surtout vu la quantité de choses que tu ne peux pas nommer, mais que tu aimerais me faire. Tu me demandes à quoi j’avais pensé quand nous attendions vers la réception avant d’entrer dans la salle, quel autre projet de ma liste aurait-ce pu être ? 

Je te réponds:  » Le mariage « à Las Vegas » peut-être, à cause de l’architecture qui ressemblait à une chapelle un peu bizarre, ou encore un restaurant où on mangerait des insectes, ou une dégustation de chocolats à l’aveugle.  » Tu éclates de rire et me dis que tu as choisi celui que tu as pensé être le mieux à faire en couple.

Avant de me coucher, je te remercie pour cet anniversaire, un de mes meilleurs, si ce n’est le meilleur que j’ai passé de toute ma vie, merci merci merci !

Je mets des sous-vêtements et me couche dans le lit, tu vas te préparer pour dormir et habillé d’un simple caleçon, tu viens me rejoindre. Là, nous nous sommes endormis, toi derrière moi, m’enveloppant de ton corps qui me donne chaud et ton sexe dans le mien, mais d’une façon douce, presque comme une caresse, une communion des corps, mais aussi des esprits. 

Vers 4 heures du matin, je me réveille et me sens très en forme. Mon envie de toi n’a pas diminuée, je me suis même endormie avec le plug en place, heureusement qu’il n’est pas énorme. Je vais à la salle de bain me rafraîchir et en revenant tu continues de dormir. Je me dis que tu vas sûrement me pardonner de te réveiller de ta nuit paisible, comme tant d’autres fois… Je viens de ton côté, je caresse ton sexe au repos et rapidement, très rapidement, je le mets dans ma bouche. Tu fais quelques bruits de satisfaction. Tu n’es pas tout à fait réveillé, mais à ma grande surprise, tu te lèves, et après avoir passé ton visage sous l’eau, je comprends que ton envie de moi est intacte et ça m’excite encore plus. Je veux te remercier pour la journée de hier et pour ce faire, je commence par demander des glaçons au room service. Nous allons passer les prochaines heures à faire monter la température et nous en aurons sûrement besoin…

2 commentaires sur “Acte XVI : Quand tous les plaisirs sont permis… (Partie 3)

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  1. Très sympa cette idée de « dîner dans le noir ». On s’imagine être à cette table, sans penser dans quel état on serait à la sortie 😁

Répondre à Cheloumi Annuler la réponse.

par Anders Noren.

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