Moi, et la privation d’orgasme.

© Gio

Un fantasme…

Mon fantasme.

Moi, et la privation d’orgasme.

Je suis ravie d’ajouter cette pratique, aussi connue sous le nom de déni d’orgasme, à ma liste de fantasmes, qui s’allonge de semaine en semaine…

Je vais commencer par le début et donc revenir un peu en arrière :

Jeune adolescente, j’ai découvert mon corps et ma sexualité toute seule. Quand je le faisais, je m’enfermais dans ma chambre et profitais de ce moment rien que pour moi. Un jour, alors que je cherchais le plaisir et que j’allais arriver à l’orgasme, on a toqué à la porte de ma chambre, on m’a fait savoir qu’il fallait que j’aille rejoindre ma famille au salon car on avait des invités.

Je me suis donc arrêtée là et je n’ai repris ce que je faisais qu’avant d’aller me coucher. 

J’ai recommencé a me caresser et assez rapidement, j’ai dû utiliser un coussin pour camoufler mes gémissements tellement le plaisir était fort et me parcourait tout entière. Ça m’a surprise vu que je connaissais bien mon corps, mes sensations et surtout mon plaisir, et curieuse comme je suis, j’ai voulu explorer cela plus profondément.

Pour ce faire, j’ai réessayé cette pratique quelques fois.

Je me caressais presque jusqu’à atteindre l’orgasme, puis je m’arrêtais. Je recommençais cela deux, trois, voir quatre fois toujours en m’interrompant avant d’atteindre le Nirvana… puis je recommençais une dernière fois jusqu’à l’explosion !

J’ai remarqué que j’arrivais à enchaîner les plaisirs sans forcément arriver à l’orgasme et qu’une fois ce dernier atteint, il était beaucoup plus fort, c’était d’une intensité comparable à un coup qu’on te donne et que tu ne peux esquiver. J’ai alors commencé à pratiquer la privation d’orgasme régulièrement sur moi-même et c’est encore le cas aujourd’hui.

Disons que j’ai découvert cette pratique « par accident », sans vraiment le vouloir. 

Rien que là, vous pourriez vous dire : « Mais Lady Annia, pourquoi parler d’un fantasme si vous l’avez déjà fait ? »

Vous auriez entièrement raison… mais vous avez tort, mon fantasme aborde cette pratique, mais sous un tout autre angle.

Des années plus tard, j’ai rencontré Bruno et c’était mon premier petit ami en Suisse. Il était méditerranéen, gourmand en plus d’être insatiable, il était passionné et sexuellement parlant, certains de mes meilleurs souvenirs au lit sont avec lui. Quand je parle du lit, ce n’est pas du tout littéral, en réalité on faisait l’amour partout, ce qui parfois n’était pas du tout pratique car il habitait encore chez ses parents.

Lui et moi on aimait passer nos journées dans la luxure, on avait envie de l’autre tout le temps et on n’avait pas du tout de la peine à se le montrer. 

Un jour où ses parents étaient partis en vacances et où nous avions la maison pour nous, je l’ai attendu dans le bain. Il avait beaucoup apprécié la surprise et m’y avait rejoint. 

En sortant, nous sommes allés à la cuisine chercher quelque chose à grignoter car nous avions une petite faim. Pendant que nous mangions le sandwich que je nous avais préparés, il m’a parlée de sa nouvelle collègue de travail de façon très sensuelle. Je le connaissais assez pour savoir qu’il cherchait à me rendre jalouse, c’était un de ses trucs préférés et il savait que moi, en tant que latina, je réagissais très souvent au quart de tour. Il pensait que plus j’étais jalouse, plus grand était mon amour pour lui. Cette fois-ci, j’ai fait mine de ne pas tilter, et il a eu l’air franchement déçu. 

Malgré sa déception, cela ne l’avait pas empêché, même avant qu’on finisse notre sandwich, de me faire ressentir tout son désir sur la table à manger que ses parents venaient d’acheter. 

Après cela, nous avons fini de manger et boire, comme si ce n’était qu’une trêve temporaire à nos pulsions et nos envies.

Nous avions prévu de voir un film, et nous sommes allés au salon le regarder, mais très rapidement la situation a dérapé. 

Et comme je connaissais très bien le corps de Bruno, j’ai eu l’idée de me venger en utilisant pour la première fois la privation d’orgasme sur quelqu’un d’autre que moi.

Alors qu’il me prenait sauvagement sur le canapé, j’ai pris la position dominante et quelques secondes avant qu’il n’explose, je me suis arrêtée net. Il a bien sûr été surpris et m’a demandée de continuer, mais j’ai juste souri et lui ai dit : « Tu n’as qu’às le demander à ta nouvelle collègue ! » Lorsque nous avons repris nos ébats, une heure plus tard, Bruno ne se remettait toujours pas de ce que j’avais fait auparavant, je le sentais dans sa façon de me regarder, de m’embrasser, mais surtout dans sa façon de me caresser en étant bestial. J’aurais voulu le faire attendre un peu plus, mais la vérité est que j’en avais autant envie que lui. Il arrivait très bien à me faire perdre tous mes moyens et à me rendre complètement folle.

Quelques jours plus tard, nous avons parlé de ce qu’il s’était passé et je lui ai avoué que c’était une pratique que j’aimais bien utiliser pour me donner du plaisir toute seule. Je lui ai raconté comment je l’avais découverte et les sensations que j’éprouvais en la pratiquant. Il a bien voulu essayer et aller plus loin avec moi pour pouvoir se faire sa propre idée, mais pas tout de suite. Deux semaines plus tard, on a eu un week-end entier ensemble et on avait prévu de le passer au lit. Le samedi, après avoir pris notre petit déjeuner, il m’a demandé si j’en avais envie. Je lui ai dit que j’avais toujours envie de lui, mais il m’a répondu, en venant tout près de moi : « Mais as-tu envie de « ça » ? »… et j’ai compris.

Je ne lui ai pas répondu avec des mots, mais avec des actes. Je l’ai déshabillé et j’ai pris les rennes du moment partagé. On dansait une salsa endiablée, de celles que j’aime, et avant qu’il n’explose en moi, je me suis arrêtée et me suis mise à côté de lui, comme si de rien n’était. J’ai vu dans ses yeux de la frustration mélangée à l’envie de goûter à ce plaisir dont je lui avais tant parlé. On a recommencé un bon moment après, car nous avons fait une longue sieste et là encore, je n’ai pas voulu aller plus loin et lui donner son si mérité orgasme. Il faut savoir qu’il était particulièrement doué et arrivait à me donner plusieurs orgasmes avant d’avoir le sien. Là, pendant que je l’empêchais d’arriver au plaisir ultime, j’en avais eu en tout cas 6. Je culpabilisais un peu, mais mêlé à cette culpabilité, il y avait mon amour pour lui, et parce que je l’aimais, je voulais lui offrir ça…

La cinquième fois que nous l’avons fait ce jour-là, je l’ai laissé jouir et j’ai adoré sentir comme il devenait fou avant de perdre toutes ses forces, puis il m’a câlinée, alors qu’on n’avait pas du tout l’habitude de mélanger nos câlins doux avec ceux beaucoup plus fougueux, mais je l’ai accueilli avec plaisir. Il m’a expliquée, plus tard, qu’il s’était senti littéralement exploser et que même tout ce qui était autour avait explosé avec nous.

Nous l’avons pratiqué à d’autres reprises et c’était toujours moi qui m’arrêtais quand Bruno allait avoir son orgasme. Je ne m’étais jamais demandée, avant aujourd’hui, pourquoi je ne lui avais à aucun moment demandé de contrôler mes orgasmes, et je n’ai pas la réponse. Je sais seulement que, trois mois plus tard, notre relation s’est terminée et que je n’ai jamais pratiqué la privation d’orgasme avec aucun autre de mes copains. 

Vous vous dites, maintenant, que ce n’est plus un fantasme, parce que je l’ai réalisé, mais en réalité mon fantasme est de subir ça, qu’on me prive de mon orgasme encore, encore et ENCORE !

J’aimerais que mon homme m’attende à la sortie du bain que j’aurais pris pour me relaxer et qu’il sache lire dans mes yeux que je le veux. 

J’aimerais qu’il passe une plume partout sur mon corps et qu’il laisse l’envie s’installer entre nous.

J’aimerais qu’il soit doux et prévenant avant de devenir mon bourreau, et que même pendant cette tâche, il soit bienveillant.

J’aimerais que ma confiance envers lui soit telle que ce soit une évidence que c’est LUI, et pas un autre.

J’aimerais qu’il m’attache au lit et qu’il savoure chaque instant, qu’il savoure que je me donne à lui corps et âme. 

J’aimerais qu’alors que je suis attachée, il boive du champagne sur mon corps et me fasse y goûter.

J’aimerais que mon homme jouisse de la vue et du fait que j’aie assez confiance en lui pour faire de ce fantasme une réalité. 

J’aimerais qu’il commence lentement, avec sa main ou sa langue.

J’aimerais qu’après cela, il prenne un jouet et qu’il laisse ses envies vagabonder en allant de plus en plus fort.

J’aimerais qu’il me rende folle de plaisir, et cela plein de fois.

J’aimerais qu’il me nargue alors que je ne peux rien faire, qu’il lèche mes seins.

J’aimerais que mon homme me bande les yeux et parcoure mon corps avec sa bouche.

J’aimerais qu’il sache que je me sens en sécurité et que cette expérience je ne peux la vivre qu’avec lui.

J’aimerais gémir, crier et bien plus encore sous ses caresses parce qu’il connaîtrait mon corps comme personne.

J’aimerais que mon homme prenne autant de plaisir que moi dans cette folie gourmande. 

J’aimerais qu’il ait conscience que ses caresses touchent non seulement mon corps, mais aussi mon âme.

Lady Annia

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par Anders Noren.

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