Moi, avec une autre femme.

© Gio

Un fantasme…

Mon fantasme.

Moi, avec une autre femme.

Pour que vous compreniez mieux, il faut que je commence par le début : 

Quand j’étais adolescente, je fréquentais une école privée où nous n’étions que des filles. 

Nous portions toutes un uniforme, il était composé d’un chemisier blanc joliment coupé, de chaussettes bleu marine qui arrivaient jusqu’aux genoux, de chaussures noires et d’une jupe de type écossaise, que la directrice voulait qu’on porte jusqu’aux chevilles ou presque, mais qu’en réalité nous portions comme nous l’entendions. La mienne par exemple arrivait à mi-cuisse. 

À ce sujet, il y avait une camarade qui s’appelait Andrea et qui avait la jupe la plus courte de la classe. Elle ne s’entendait avec personne en particulier, ce qui n’était pas surprenant vu qu’elle prenait tout le monde de haut et était désagréable avec la grande majorité. Avec la grande majorité, mais pas avec moi. Elle me lançait de temps en temps des regards langoureux et me frôlait même parfois, lorsque nous devions travailler en groupe, ma main, mon bras ou mon coude. Je ne prenais pas le temps de comprendre ces gestes que j’essayais d’esquiver et que je trouvais déroutants. Au début, je me disais qu’elle cherchait mon amitié, mais avec le temps, j’ai envisagé que je pouvais peut-être lui plaire…

Moi en revanche, je ne la regardais pas du tout avec ces yeux-là, même si elle était loin d’être moche… Elle me mettait mal à l’aise et je la trouvais bizarre, alors, avec 26 autres filles dans la classe, j’essayais de l’éviter du mieux que je pouvais. 

Et un jour, ce à quoi j’essayais d’échapper est arrivé. Je me lavais les mains dans les toilettes, quand elle est entrée et s’est mise à côté de moi. Elle a commencé à se laver les mains à son tour, puis s’est tournée vers moi et m’a regardée d’une façon comme jamais auparavant personne ne l’avait fait. À vrai dire, c’était la première fois que je voyais dans le regard de quelqu’un de la passion et de l’envie… Elle m’a embrassée et moi, sans réfléchir, instinctivement, je l’ai embrassée en retour. Elle m’a fait m’appuyer contre le mur et nous avons joué avec nos langues jusqu’au moment où, par peur de se faire surprendre, nous nous sommes prises par les mains pour aller dans l’une des cabines fermées afin d’être tranquilles.

Alors que je me trouvais avec elle dans les toilettes, je ne réfléchissais plus, c’était mon instinct et mes désirs inavoués qui me guidaient. Nous avons continué de nous embrasser un bon moment et je sentais que nous étions comme des bêtes affamées, emplies de passion. Rien, en dehors de ce lieu, n’avait d’importance. Je sentais son corps chaud contre le mien. Elle me caressait sur le chemisier, je faisais pareil et je sentais qu’elle avait envie de moi de toutes ses forces. Par moments, elle arrêtait de m’embrasser et me léchait le cou et les oreilles, ça me rendait folle…  Tout à coup, nous avons dû nous arrêter. La cloche venait de sonner : C’était le début de la pause et l’arrivée de nos camarades était imminente. Nous nous sommes embrassées une dernièrììe fois avant de quitter les toilettes, puis elle est partie sans se retourner, alors que moi, je me suis lavée les mains à nouveau et me suis dirigée vers la salle de classe.  Quand je pensais à ce qu’il était arrivé dans ces toilettes, je me disais que ça devait être la soif de découverte et les hormones qui bouillonnaient.

Une semaine plus tard, après le cours de peinture où je m’en étais mise partout, je suis partie aux toilettes me laver. Andrea m’a suivie quelques instants après et, comme la première fois, nous nous sommes embrassées, à la différence que, cette fois-ci, elle a voulu sentir ma peau douce sous ses mains et a donc commencé à défaire les boutons de mon chemisier. Elle l’a ouvert complètement et a sorti mon sein droit de mon soutien-gorge. Elle a commencé à le caresser, puis à le lécher, d’abord le téton, puis le sein tout entier. Je n’oublierai jamais comment elle me regardait alors qu’elle me tétait, comme si elle connaissait cette passion depuis longtemps, comme si elle me désirait depuis toujours, comme si elle était l’architecte de mon plaisir. Je gémissais et j’avais honte, à cette époque, je ne savais pas que c’était un bruit naturel qu’on émet quand on ressent du plaisir. Peu de temps après, une camarade de classe est entrée. Andrea a continué de s’occuper de mes seins, tout en ayant sa main sur ma bouche pour étouffer mes gémissements. Quand nous avons entendu nos prénoms, nous avons su que c’était Amélie et nous nous sommes aussitôt arrêtées. Notre professeure principale l’avait envoyée nous chercher. Après avoir fermé mon chemisier, nous sommes sorties. Nous étions super décoiffées et notre camarade nous a demandées ce que nous faisions. Andrea a dit que nous parlions d’un truc « privé ». Amélie n’avait pas l’air très convaincue, mais toutes les trois sommes retournées à notre salle de cours, comme si de rien était.

La troisième fois, c’était à peine deux-trois jours plus tard, après notre cours d’éducation physique, nous étions dans le vestiaire pour nous changer quand je me suis aperçue que j’avais oublié mes vêtements de rechange. Je suis retournée en classe les récupérer. Plutôt que de retourner aux vestiaires, je suis allée me changer dans les toilettes dont je vous parle depuis le début. Alors que j’allais partir, Andrea est arrivée. Dès que je l’ai vue et quand elle m’a lancé son regard pétillant, j’ai compris. Elle m’a prise par la main et nous sommes entrées aux toilettes. Dès que j’ai fermé la porte, elle m’a embrassée et s’est ruée sur les boutons de mon chemisier. Elle a commencé à déposer des baisers sur mon cou et ma poitrine, elle adorait ça, ne s’en cachait pas et moi j’aimais le désir que nous partagions. À un moment donné, c’est moi qui ai pris les choses en main. Moi aussi je voulais la sentir, sentir sa peau, son odeur, je voulais aussi lui lécher les seins, mais avant que je puisse aller plus loin, elle a levé ma jupe et a commencé à diriger ses caresses vers mon entrejambe. J’ai su, à cet instant, que je ne pourrais pas aller plus loin.
Je lui ai dit : « Je ne peux pas » et je suis partie, sans autre explication.
J’ai tout stoppé, je n’ai plus laissé notre passion déborder, trop de questions difficiles qu’on se pose à cet âge-là. Nous n’en avons plus jamais parlé. L’année suivante, je fus amenée pour quelques autres raisons, à changer d’établissement pour une école privée mixte. Grande a été ma surprise de voir Andrea arriver, elle aussi avait changé d’école. Quelques jours plus tard, elle m’a avoué qu’elle était contente que je sois là. 

Dans cette nouvelle école, nos camarades nous embêtaient souvent car Andrea avait beaucoup de mal à cacher sa jalousie quand un garçon s’intéressait à moi. Je rigolais et leur disais : « Pas du tout, vous vous faites des idées. » Je ne leur ai jamais raconté la vérité.

Andrea est un souvenir et je pense que la meilleure issue a été celle qui s’est offerte à moi. En revanche, elle a fait germer chez moi ce fantasme. Aujourd’hui, bien des années plus tard, sachant que je suis hétérosexuelle, ce fantasme demeure. Le fantasme de moi avec une autre femme, dans un lit, un canapé, sur le sable, dans une voiture, par terre, peu importe l’endroit…

J’aimerais qu’elle soit brune, rigolote, agréable, qu’elle ait une étincelle dans le regard, qu’elle ne se prenne pas trop au sérieux, qu’elle ait de belles formes et un visage coquin qui m’invite à me laisser aller au plaisir avec elle.

J’aimerais que cela se passe en été, alors que nos peaux sentent l’huile de monoï, qu’elle aime le plaisir autant que moi, qu’elle ne cherche pas à aller plus vite que je puisse aller.

J’aimerais qu’elle soit entière, qu’elle n’ait pas peur d’en faire trop. J’aimerais pouvoir jouir de son corps et qu’elle puisse jouir du mien, qu’elle adore rigoler et qu’elle sente mon envie juste en me touchant du bout de ses doigts.

J’aimerais qu’elle puisse me parler rien qu’avec un regard, qu’elle sache se servir de ses mains, de sa bouche, de sa langue et qu’elle puisse s’abandonner à moi, autant que je m’abandonnerais à elle.

J’aimerais qu’elle me lèche les seins en me regardant droit dans les yeux, me défiant et m’invitant au plaisir.

J’aimerais pouvoir lire dans ses yeux qu’elle me veut, qu’elle soit prête à donner autant qu’à recevoir, qu’elle sache me rendre folle en étant folle elle-même. J’aimerais qu’elle me fasse mouiller rien qu’en me regardant.

J’aimerais qu’elle ait de l’expérience, que ses mains devinent la meilleure façon de parcourir mon corps tout entier, qu’elle sache jouer avec mon piercing à la langue de façon sensuelle.

J’aimerais qu’elle se laisse guider par ses envies et ses instincts, qu’elle n’ait pas peur d’essayer de nouvelles choses, qu’elle connaisse la signification de la passion et me la fasse connaître à mon tour.

J’aimerais qu’elle m’apprenne la signification du mot luxure, qu’elle soit folie tout simplement.

Lady Annia

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par Anders Noren.

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